MINES en Bretagne, Green mining, impact sur l’eau, emploi... Les Livrets de Douar Didoull

lundi 18 avril 2016

  DES MINES, NON !

La Bretagne attise de nouveau la convoitise de l’industrie minière. Des sociétés basées sur la spéculation boursière ont déposés à ce jour 6 PERM (Permis Exclusif de Recherches de Mines) auprès des services de l’Etat, concernant 111 communes sur une surface de de 143 000 ha : le P.E.R.M. de Merléac (22) (34 communes, 41100 ha), de Lok-Envel (22) (25 communes, 33 600 ha), de Silfiac(22-56) (14 communes, 17300 ha), de Beaulieu(44) (16 communes, 27800 ha), de Dompierre (35) (17 communes, 16600 ha) et Brasparts (29) (5 communes, 6600 ha). Pour l’heure les P.E.R.M. de Merléac, de Beaulieu, de Lok-Envel et de Silfiac ont été accordés.

Dans ses projets, les sociétés exploratrices prévoient de faire plusieurs centaines de sondages (carottages et forages destructifs), certains allant jusqu’à 1500 m de profondeur par fragmentation des roches. Plusieurs familles de minerais pourront être recherchées : zinc, cuivre, plomb, or, tungstène et autres substances telles que l’indium, le germanium, le cadmium…, liées aux nouvelles technologies.
Ces permis, qui s’étendent sur plusieurs zones classées protégeant la faune et la flore (type NATURA 2000, ZNIEFF), seraient un désastre pour la Bretagne s’ils étaient accordés et exploités, causant des dégâts environnementaux et sociétaux irréversibles.

Dès les explorations :

  • Perturbation et déviation des cours d’eaux souterrains à l’occasion des sondages
  • Dissémination de divers toxiques naturels (arsenic, uranium, autres métaux, …) dans l’eau et l’air, re-concentration sur les sols…

À partir des exploitations :

  • Pollution des sols et de l’eau potable. La séparation des métaux de la roche nécessite de lourds traitements chimiques qui contaminent nappes phréatiques et réseaux d’eau !
  • Persistance de pollutions diverses qui ne s’arrêtent pas à la fermeture de la mine mais s’étalent pendant des décennies engendrant des conséquences sur la santé de l’homme, de la faune et de la flore. (l’exemple de la mine de Salsignes dans l’Aude, où 10 ans après la fermeture, il est toujours interdit de consommer les légumes de la zone !)
  • Perturbation de l’activité économique. Une exploitation minière polluante et grande consommatrice d’eau est incompatible avec une économie saine et durable.

Farce démocratique :

  • L’opinion des populations concernées n’est pas prise en compte. Le rôle des élus est réduit à un simple avis consultatif tandis que le gouvernement brade le sous-sol à des Majors spéculant à tout va : les cours de certains minerais étant très élevés, l’exploitation devient rentable même pour des roches à très faibles teneurs.

 

L’été 2013 a vu naître un vaste plan de relance de l’exploitation minière en France, soutenu par le ministère du redressement productif, Montebourg et son suivant Macron. Dans ce plan Variscan, entreprise basée en Australie, ou d’autres juniors ont obtenu des permis d’explorer dans la Sarthe, le Maine et Loire, la Creuse. Aujourd’hui c’est à la Bretagne qu’ils s’attaquent, la renommant nouvelle province minière. Déjà deux permis sont accordés à Merléac et Beaulieu ; trois autres demandes sont en cours sur les zones de Silfiac, Dompierre et Loc Envel, soit un total de 111 communes concernées directement. Une mise en concurrence est aussi en cours sur la zone de Brasparts.
Devant l’absence d’information à la population que les pouvoirs publics se devraient de faire, des collectifs se sont créés, tel que Douar Didoull sur la zone de Loc Envel, afin de faire entendre les interrogations légitimes quant à l’impact économique, sociétal et environnemental de ces projets.

  L’explosion de la demande des métaux !

Les métaux, ressources minérales naturelles non renouvelables, sont également à la base de notre civilisation industrielle. Moins médiatique que le changement climatique ou les enjeux énergétiques, leur raréfaction sera pourtant un des défis majeurs du XXIème siècle. Notre modèle actuel de développement, basé sur un accroissement continu du prélèvement des ressources, se heurte en effet à la finitude de la planète.

Usages dispersifs des métaux

Les métaux sont partout : dans les pigments, les encres et les peintures, les fertilisants, les additifs dans les verres et les plastiques, les pesticides ou les feux d’artifice. Mais aussi : dans les shampoings (sulfure de sélénium, strontium ou mercure), les teintures pour cheveux (bismuth, plomb, cobalt), les rouges à lèvres nacrés (bismuth, un métal lourd associé au plomb), les savons désinfectants (arsenic ou sélénium), les déodorants (aluminium, zirconium, sulfate de zinc), les dentifrices (titane pour colorer en blanc, sulfate de zinc, parfois étain), les lames de rasoirs jetables (cobalt), les fleurs coupées (sulfate de nickel ou nitrate d’argent pour garder la fraîcheur !), les colorants alimentaires (aluminium) sans compter dans nos gadgets électroniques (smartphones et tablettes) et les alliages de nos bagnoles, avions, l’industrie de l’armement et du sécuritaire. Ces usages dispersifs des métaux posent un réel frein au développement du recyclage (impossible de séparer les éléments imbriqués ou les matériaux composites) et soulève les problèmes environnementaux (les nanoparticules d’argent des chaussettes « anti-odeur » qui partent dans les égouts au bout de quelques lavages).

Des ressources non renouvelables et des réserves limitées

Environ 2 milliards de tonnes de métaux sont consommés chaque année, on en oublierait presque qu’ils constituent une ressource non renouvelable. Entre 1900 et 2000, alors que la population n’a fait que quadrupler, la consommation des métaux a été multipliée par 19 !
Et elle a encore doublé au cours des vingt dernières années. Pourquoi s’inquiéter, rétorqueront certains, les métaux sont présents partout : dans la roche, dans chaque poignée de terre, dans l’eau de mer. Tout irait bien…
Sauf que nous avons affaire à des ayatollahs de l’extractivisme dont le seul dessein c’est de passer l’ensemble de la croûte terrestre au tamis à la ruée des dernières « réserves ». Alors même que les véritables « réserves », elles, sont limitées. Les réserves, en effet, correspondent à un potentiel dont le volume a été prouvé aux conditions économiques d’exploitabilité d’un instant donné : donc connues et limitées. Contrairement aux ressources qui désignent un volume de substance théorique, mais non encore découvert.
Ces deux notions (ressources et réserves) nous aident à comprendre la transformation de l’industrie minière vers le modèle économique dual exploratrices (des « juniors », aux faibles moyens et pouvant être créées de toute pièce du jour au lendemain, dont les revenus proviennent de la spéculation boursière cf VARISCAN) et exploitatrices (des « majors », de grandes entreprises transnationales dotées de considérables capacités technologiques et financières).
Le poids financier des métaux représente désormais un quart de celui du marché du pétrole. Et 20% des échanges internationaux de matières premières. De quoi attirer les spéculateurs…

L’obsolescence programmée ou le cycle de vie très court des produits

L’obsolescence programmée est une stratégie visant à réduire la durée de vie d’un produit pour augmenter son taux de remplacement et provoquer un nouvel achat prématurément.
Ces pratiques des constructeurs mises en place de façon plus ou moins concertée et consciente sont dénoncées par les associations environnementales comme Les Amis de la Terre. Ils réclament notamment une loi pour allonger la durée de garantie de 2 à 10 ans sur les biens de consommation afin « d’imposer aux producteurs de mettre sur les marchés des produits réparables et de garantir la mise à disposition des pièces détachées pour faciliter la réparation dans les 10 années suivant l’achat d’un bien ». Ainsi un projet de loi visant à contrer l’obsolescence programmée est en discussion au Sénat, mais les ambitions de cette loi sont bien en deçà de ce qui pourrait allonger le cycle de vie des produits. Inscrit dans le cadre des discussions parlementaires sur le projet de loi sur la transition énergétique, un amendement du parti écologiste prévoit d’ajouter dans le code de la consommation un article qualifiant l’obsolescence programmée de tromperie.

L’argumentaire associé à cette initiative associe ces pratiques à la fois à leur caractère nuisible pour l’environnement et aussi à leur rôle sur le pouvoir d’achat des ménages. Néanmoins, en l’absence de contrôles préalables par les autorités publiques, c’est aux consommateurs qu’il reviendra d’apporter la preuve de la mise en œuvre par l’industriel d’une politique d’obsolescence programmée. Face à des sociétés, souvent basées à l’étranger, et pouvant invoquer le secret des affaires ou la protection de leurs brevets, l’exercice pourrait s’avérer compliqué.

Des solutions existent pour baisser l’explosion de la demande

Le plus gros gisement jamais exploité serait probablement nos villes du seul fait de cette obsolescence programmée. Le nombre de téléphones portables désuets du fait de la mode ou de sa fin de vie dans nos tiroirs constituent une vraie mine. Le coût de sa valorisation ne pourrait être opposé ni aux dommages sanitaires et environnementaux de l’extractivisme, ni à la raréfaction de la plupart des métaux.

Recycler davantage, ralentir les cycles de consommation, en luttant par exemple contre l’obsolescence programmée, réparer plutôt que jeter, diminuer les usages dispersifs. Les moyens sont nombreux pour réduire l’actuel gaspillage des pays économiquement développés. Mais cela ne suffira sans doute pas, sans changer profondément nos modes de vie, de production et de consommation.

Sources :
http://obsolescence-programmee.fr ;
http://ecoinfo.cnrs.fr ;
www.bastamag.net – Quand-le-monde-manquera-de-metaux

Pas de mines, ni ici, ni ailleurs !
Restons vigilants !

Télécharger le tract 1-4 (livret 1)


  Green mining, es-tu là ?

Depuis que les collectifs et citoyens ont été alertés par la perspective des projets miniers en Bretagne, on a régulièrement entendu évoquer, par l’intermédiaire d’articles de presse ou la communication des autorités, les prétendues qualités environnementales des mines modernes.
Évoquer est bien le verbe approprié, tant il est vrai qu’aucune explication précise sur ces fameuses mines « propres » ne sont développées.
En anglais, on parle de « Green mining », en français, de mines « verte », « propre », ou encore « responsable ». Mais qui est donc cette belle inconnue ?

Afin de tendre vers le plus d’objectivité possible, la consultation des documents des défenseurs de notre mine « verte » s’impose.

Une des industries minières les plus connues, celle du Canada, est aussi l’un des plus décriées de par le monde, pour ses pratiques écologiques et humaines désastreuses. Elle se voit donc dans l’obligation de soigner son image, pardon, de communiquer sur l’amélioration de ses pratiques.
Le titre de la rubrique du site « Ressources Naturelles du Canada » (émanant du gouvernement du Canada) concernant notre sujet parle de lui-même : il s’agit d’ « Initiatives Mines Vertes » qui « vise le développement de technologies d’efficacité énergétique novatrices [à but écologique] ».
L’analyse des documents qui y sont proposés est également édifiante. On ne peut en effet que se réjouir que leur équipe « travaille activement au développement de projets multidisciplinaires […] », mais qu’en est-il concrètement des résultats et des pratiques minières écologiques au Canada ?
Recherches, examens et projets sont les seules réponses à cette question pourtant cruciale. Autant dire que, concrètement, il n’existe pas de pratique minière réellement écologique au Canada. Ce qui n’empêche aucunement une large publicité autour de ce qui n’est, en effet, qu’un concept.
Laissons Denis Bois, directeur de l’Unité de recherche et de service en technologie minérale de l’Université de Québec en Abitibi-Témiscamingue, partisan enthousiaste de l’Initiative Mines Vertes, résumer pour nous la réalité de la Mine Verte : « La mine verte, “c’est une direction qui est prise plus que l’état des choses. Il ne poussera pas une mine verte demain matin.”

Sans entrer dans des considérations techniques trop complexes, les solutions recherchées, et, rarement, proposées, sont-elles convaincantes ? Les défenseurs de la mine verte parlent eux-mêmes de « réduction de l’empreinte écologique » ou d’une « gestion plus verte des résidus ». Un esprit sceptique (critique ? ) pourrait lire « moins sale » et non « plus propre ». Citons à ce propos un ingénieur minier militant anonymement chez Ingénieurs sans frontières qui déclare, dans un article de Terra Éco : « C’est pas compliqué de faire plus propre puisqu’avant c’était dégueulasse ! » Quelles que soient les semi-ébauches de début de solutions partielles à l’étude : traitement de l’or à la maïzena plutôt qu’au cyanure (solution apparemment révolutionnaire et formidablement économique découverte en 2013 mais, semble- t-il, toujours pas utilisée à ce jour...), outils et mécanismes miniers moins énergivores, amélioration de la stabilité des remblais miniers, utilisation des terres de résidus miniers, y compris pour la culture (!) etc, la question se pose : une mine, par essence (plus que par nature ! ) destructrice, et ce de plus en plus, de millions de tonnes de roches, et terriblement consommatrice d’énergie, peut-elle seulement être considérée comme « propre », malgré toutes les améliorations imaginables ? S’ajoute à cela les problèmes de rentabilité des mines (la plupart des solutions moins désastreuses étant plus voire beaucoup plus coûteuses) et la triste réalité des milliers de sites miniers de par le monde (dont certains en France) ne pouvant être dépollués, pour des raisons financières ... ou techniques ! _ De plus, chaque minerai possédant des caractéristiques différentes, et certaines étant, selon les chercheurs en « mines responsables », très mal connues, les problèmes à résoudre sont infiniment nombreux. _ En conclusion, on l’aura compris, la mine verte, « mine du futur » pour de doux(teux ?) optimistes, n’existe pas, de l’aveu même de ses défenseurs. _ Y travailler, ou la rêver, ne suffit pas à la faire exister, et les ravages écologiques, pour ne parler que d’eux, causés par l’industrie minière sont aujourd’hui écrasante légion. _ Dans ce contexte, les références récurrentes à ce mythe ont semblance d’opium, destiné à faire accepter les projets miniers à la population. _ Pendant qu’on nous parle du Père Noël, le père Fouettard, lui, affûte sa pioche. Sources : Interview de William Sacher, propos recueillis par Maxime Combes, dans le cadre du projet Echo des Alternatives - autres sources disponibles à notre table de presse


  L’impact sur l’eau

Un projet minier est envisagé dans le sud de Guingamp (22), 25 communes sont concernées dans un périmètre particulièrement riche en sources, rivières et fleuves bretons.

VARISCAN, SASU Minière, a demandé un permis d’exploration dit PERM de Loc-Envel

Mr Bonnemaison et Mr Lebret, (responsables VARISCAN) présents lors d’une rencontre à St Brieuc du 09/04/2015 organisée par le Préfet, à la question :

  • « Pendant le carottage de la phase d’exploration, n’y a-t-il pas perturbation des eaux souterraines ? »

ont répondu :

  • « Les études ne portent que sur les eaux de surface. C’est une inquiétude, il peut y avoir des créations de failles artificielles et perturbation du système souterrain »

D’autre part l’exploitation souterraine profonde est considérée par Variscan comme étant réalisée « hors de la Biosphère »
Pour un scientifique, ex du BRGM*, considérer le sous-sol comme « hors de la biosphère » est une hérésie,
je cite : « Le sous-sol est une partie du cycle de l’hydrosphère, partie capitale de la biosphère » (Edouard Suess, Géologue 1875).

Dans le reportage FR3 du 04/07/15, Mr Bonnemaison reconnaît que l’impact dû à la prospection est à envisager, et « serait un impact similaire à celui d’une station service…. ».
Et pourtant, le BRGM conseille vivement d’éviter tout risques de contamination des masses d’eau par des rejets d’industriels ou urbains sur les massifs granitiques, particulièrement impuissants à filtrer toute pollution.

Malgré tout cela, à notre connaissance, il est à noter que suite à ces projets, aucune étude hydrogéologique sur la fragilité de la ressource en eau n’a été menée à ce jour au niveau local et même au niveau régional.

Les impacts sur les réserves en eau sont pourtant b ien connus des associations de protection de l’environnement comme Sortir du Nucléaire Trégor ou Eau et Rivières de Bretagne.
Le BRGM dans notre région a eu quelques projets qui ont dû être arrêtés, et qui sont encore sources de pollutions :

  • Mines et pré-mines d’Uranium Buhulien, Belle- Isle en Terre, forage de Louargat
  • Mine de Plomb Argentifère de Scrignac 29
  • etc.

L’eau sous sa forme souterraine (masse d’eau) comme pour les eaux de surface, ruisseaux, rivières, fleuves, 5 fleuves bretons sur le PERM de ’’Loc-Envel ’’, et les sources sacrées, sera impactée à plus ou moins long terme. Et cela aucune belle déclaration ne pourra éviter. Qui peut arrêter l’eau ?

D’autre part, la pollution de l’eau par les métaux est aussi ancienne que l’activité minière.
Le phénomène entraînant cette pollution est irrémédiable, il s’appelle le Drainage Minier Acide (DMA). C’est une réaction chimique naturelle,
L’acidification et le drainage des métaux polluants qui en résulte entraîne une pollution de tous les écosystèmes concernés.
A ce titre il est intéressant de noter que tous les bassins versants, potentiellement impactées, ont sur leurs cours des Zones Natura 2000. Les forêts sont-elles mêmes concernées par la prospection qui sont pourtant référencées Natura 2000, FR 530008, ou la source de l’Aulne, FR 5300041, etc.

Même en cas d’exploration dite "sans risque", l’excellent travail effectué par les différents acteurs environnementaux depuis des décennies pourrait être fortement dégradé (Loutre, Chauve-souris, Saumon, Truite, etc) et dans le cas d’exploitation minière, la qualité chèrement retrouvée des eaux serait alors totalement et irrémédiablement détruite.

Et maintenant abordons les problèmes au niveau de la qualité de l’eau du réseau de distribution régional.
Les approvisionnements en eau proviennent de forages (masses d’eau) ou de captages (rivières).
En raison du DMA les sources naturellement parfaites et les masses d’eau déjà bien souvent impactées par l’activité humaine devront être encore plus contrôlées, traitées, ou seront tout simplement abandonnées ce qui sera un coût supplémentaire pour la collectivité et ce pour les millénaires à venir.

* PERM : permis exclusif de recherches minières
* BRGM : Bureau de Recherches géologiques et minières

Télécharger le tract – L’impact sur l’eau


 L’industrie minière créerait de l’emploi !

Mensonge !

Variscan nous parle d’une centaine d’emplois directs le 4 avril 2015 dans la presse locale, plus récemment, la même société nous disait qu’il n’y aurait pas d’emplois locaux générés par l’exploration ni même pour l’exploitation .

Sur le PERM* de Tennie (Sarthe), lors d’une présentation au conseil municipal de Rouez, jusqu’à 150 emplois directs avaient été annoncés. A la suite d’une mobilisation massive des habitants, Variscan a été obligé de suspendre l’exploration pour laquelle il avait obtenu un permis.
Il faut dire que 1500 emplois (au diable l’avarice !) sur 20 ans avaient été promis en 1981 par les anciens exploitants (Elf, puis Total).
Au plus fort de l’activité, on n’a jamais compté plus de 32 salariés, dont 5 emplois sur la commune pendant 3 ans.
En contrepartie de ce presque rien, ils ont hérité, à perpet’, d’une pollution massive au cyanure et aux acides.

A Bergama, joli bourgade touristique emplie de vestiges archéologiques en Turquie, où Jack Testard, actuel président de Variscan mines, a sévi à la fin des années 90 en tant que directeur général de la mine (Eurogold), seuls 117 emplois avaient été créés, dont 90 n’étaient pas des emplois locaux.
En échange, l’agriculture (olive, coton) fut durablement ruinée par une monstrueuse pollution au mercure.

Ce chantage à l’emploi est d’autant plus facile à faire
que le prospecteur n’est pas l’exploitant

Le rôle de cette entreprise « junior », Variscan, est de quantifier les richesses du sous-sol en profitant des ressources du BRGM*, financé par l’Etat, afin d’enrichir les spéculateurs avant d’en vendre le potentiel au plus offrant. A ce propos, la tentation sera grande de pousser des chiffres optimistes puisqu’ils seront vendus sans garantie. Dans ce cas, plus que tout autre, les promesses n’engageront que celles et ceux qui les écouteront. Enfin, Variscan promet, en lieu et place du futur exploitant inconnu, que la mine sera « visuellement » propre puisque entièrement souterraine, solution qui exige bien moins de salariés, le plus souvent expérimentés et très pointus pour piloter des machines complexes. On imagine que le futur acheteur va se précipiter sur cette solution, bien plus coûteuse que la solution à ciel ouvert !

La promesse de création d’emplois hypothétiques pendant l’exploitation ne suffiront pas à convaincre les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, apiculteurs qui risqueraient de ne plus pouvoir travailler à cause de la pollution irréversible de l’eau, de l’air et des sols engendrée par une exploitation de si grande ampleur.

Quel impact sur l’agriculture ? Qui consommera des produits provenant d’une zone polluée ? A Salsigne, dans l’Aude, 10 ans après la fermeture de la mine d’or, les légumes produits sur place sont toujours interdits à la vente par arrêté préfectoral !

En Bretagne, particulièrement, il est demandé aux agriculteurs, notamment, de tout mettre en œuvre pour se conformer aux directives concernant la qualité et la préservation de l’eau qui deviendra essentielle dans les années à venir, que tout est mis en œuvre pour la mise en valeur de nos rivières et nos paysages soutenu par les pouvoirs publics, il nous paraît étonnant que l’on offre un tel passe-droit à un prospecteur minier qui a surtout comme objectif de revendre des projets sans avoir de compte à rendre sur les conséquences.

A l’heure où le gouvernement parle climat et préservation des ressources fossiles, il est bon de rappeler que les ressources provenant de l’extractivisme sont limitées comme peuvent l’être des ressources d’énergie fossile, il est impératif de commencer à réfléchir sur le type d’activités respectueuses de l’humain et de l’environnement que nous voulons créer.

Télécharger le tract – L’industrie minière créerait de l’emploi !


 “Antitout”

« Le colbertisme est de retour et c’est un bien. ». C’est Arnaud Montebourg, ci-devant ministre du « redressement productif » qui lançait cette ineptie dans Le Monde.fr du 21.02.2014 pour informer la population que le gouvernement autorisait de nouveau l’industrie minière à ravager notre sol pour son plus grand profit.

Colbert, pour ceux qui ne se souviennent plus, fut le principal ministre de Louis XIV, inspirateur et promoteur d’une politique économique interventionniste et mercantiliste.

Pendant ce temps, et face à la marée montante des oppositions à l’extractivisme, les dirigeants de Variscan mines, traitaient le collectif Douar didoull d’ « antitout ».

Nous ne sommes pas antitout

Nous sommes foncièrement démocrates et derrière ce terme nous croyons en la participation citoyenne locale comme le fondement même de la démocratie.

Les décisions et orientations économiques prises par des politiques loin d’ici et soumis aux dictats de la finance internationale n’ont rien de démocratique.

C’est à nous et à nous seuls de décider de l’avenir de notre pays (territoire où nous vivons) et comment nous devons construire notre société. Le simulacre de démocratie organisé par l’état sous couvert d’une consultation publique (du 21 mai au 10 juin sur le portail de l’économie et des finances pour les PERM de Loc Envel et Silfiac…) alors que la décision finale appartient aux gouvernements sans même l’obligation de prendre en compte l’avis des populations concernées nous laisse interrogatifs en terme de liberté. Non nous ne sommes pas foncièrement anti économie mais nous aspirons comme chacun à vivre dans un environnement non dégradé et non pollué.

Nous pensons que l’économie doit être au service de la population et non l’inverse. La logique actuelle qui vise à fermer les services publics (hôpitaux, etc…) et à favoriser des projets destructeurs et pollueurs exploitant à outrance les hommes, leur environnement et leurs ressources (projets miniers, extraction de sable, LGV, usine à gaz, aéroport…) tout ça au profit de spéculateurs boursiers et d’actionnaires nous semble suicidaire.

Nous préférons construire une économie à dimension humaine gérée localement, au service de notre territoire et de sa population et sans aucune menace sur notre santé ou celle de nos enfants, respectant l’environnement en prenant en compte ses diversités.

Non, nous ne sommes pas anti progrès, mais la logique qui veut coller de l’électronique, du numérique et du connecté partout nous semble dangereux en terme de ressource, mais aussi de liberté (tous fliqués, compte en banque, impôts, service d’immigration…)

Autant l’utilisation en terme de progrès médical et d’aide aux personnes (personnes âgées, dépendantes…) nous semble légitime, autant la multiplication de gadgets (ex…) énergivores nous semble dangereux.

Nous croyons en la mobilisation populaire. Pour ce, nous créons des collectifs dans lesquels les individus peuvent se réapproprier la parole, échanger et construire la ou les sociétés auxquelles ils aspirent. Nous aspirons à vivre dans un environnement non dégradé et non pollué.

Le progrès technologique doit être au service des besoins réels de la population et non être utilisé pour l’asservir et l’aliéner. Personne n’a besoin de changer de téléphone tous les ans ! Personne, pour réaliser ses rêves, n’a besoin de gadgets électroniques coûteux en énergie et en vies !

Non nous ne sommes pas pour le retour à la chandelle, mais pour une richesse partagée et notamment en terme de ressources énergétiques.

« Vivre plus simplement pour que simplement tout le monde puisse vivre »

Télécharger le tract – “Antitout”


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mailto:Douardidoull riseup.net

Douardidoull riseup.net

Adresse postale : Lanna Meur 22810 Plougonver

www.alternatives-projetsminiers.org



 Sources :


Cet article a été publié dans la rubrique "vue d’ici, vue d’ailleurs". Celle-ci rassemble des articles n’émanant pas d’Attac 22 ou d’Attac France, mais qui nous semblent pertinent de partager pour aider à la compréhension de notre monde, découvrir des alternatives au "tout marchand", élargir ensemble « les chemins d’un autre Monde ».



Documents joints

livret 1 - L'explosion de la demande des (...)
livret 2 - Green mining, es-tu là ?
livret 3 - L'impact sur l'eau
livret 4 - L'industrie minière créerait de (...)
livret 5 - “Antitout”

livret 1 - L'explosion de la demande des métaux !

livret 2 - Green mining, es-tu là ?

livret 3 - L'impact sur l'eau

livret 4 - L'industrie minière créerait de l'emploi

livret 5 - “Antitout”


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