Mobilisation massive à Madrid contre les violences faites aux femmes

samedi 14 novembre 2015


Samedi 7 novembre (#7N), des centaines de milliers de femmes, accompagnées par de nombreux hommes, sont descendues dans les rues de Madrid contre les violences machistes et pour rendre hommage aux femmes victimes de feminicides, dans une manifestation historique. À Paris, mais aussi dans plusieurs villes du monde, des mobilisations se faisaient l’écho de la grande manifestation qui avait lieu à Madrid au même moment et qui a rassemblé plus de deux cent mille personnes.

Une mobilisation à échelle internationale contre les violences faites aux femmes

La manifestation avait été appelée par le mouvement féministe, puis soutenue par de nombreux partis politiques et syndicats, ainsi que de multiples associations et collectifs, en plus des organisations de femmes.

Cet appel a eu un impact très important, qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux avec de nombreuses campagnes de soutien. Il a eu aussi un impact international, dans différentes villes d’Europe et d’Amérique Latine où se sont organisés des rassemblements devant les consulats et ambassades espagnoles. À Paris, un rassemblement a été organisé par l’Asamblea de Mujeres de Paris, devant la Sorbonne.

En Espagne, plus de 100 conseils municipaux comme ceux de Madrid, Barcelone et Séville ont approuvé une motion de soutien à la manifestation, dans laquelle ils s’engagent à lutter contre les violences faites aux femmes et’à augmenter le budget pour les services aux femmes.

Le Passage du Prado, où débutait la manifestation, était débordé depuis le matin par des milliers de personnes habillées en violet, en solidarité avec les femmes assassinées, dont la souffrance a été mise en scène par une performance (Women in Black) à laquelle ont participé 300 femmes. Autour de leurs silhouettes de deuil, allongées sur le sol, le contour de leurs "cadavres" a été peint avec une craie épaisse pour rappeler les 1.378 femmes assassinées dans l’État espagnol depuis 1995.

Au cours de cette année, il y a eu 100 cas de feminicides, après un « printemps noir » pendant lequel 40 femmes ont été assassinées en seulement trois mois. Un chiffre qui fait trembler et qui pourtant, comme le disait l’appel de la manifestation, n’est "que la face visible de l’iceberg", c’est à dire la conséquence la plus terrible des multiples formes d’oppression subies par les femmes à travers l’articulation du capitalisme et du patriarcat.

Avec la crise économique actuelle, les violences faites aux femmes n’ont fait qu’augmenter. Il ne s’agit ici pas seulement des coupes budgétaires effectuées dans les services spécialisés dans la lutte contre les violences de genre, mais aussi dans la santé, dans l’éducation et dans les autres services publics, tout comme sur les aides familiales, que les femmes subissent le plus fortement. De la même manière, la réforme du droit du travail qui est mise en place en ce moment a augmenté les inégalités salariales, le chômage et la précarité au travail pour les femmes, une situation qui montre que l’État n’est pas simplement passif face à l’augmentation de la violence machiste, mais aussi complice et responsable.

Solidarité internationaliste

La mobilisation à Madrid s’inscrit dans la continuité de la vague de manifestations massives ayant rassemblé des centaines de milliers de femmes partout en Amérique Latine sous le cri de #NiUnaMenos. Le caractère internationaliste des mobilisations de soutien au 7N rappellent par ailleurs les grandes mobilisations de soutien aux femmes espagnoles de l’année dernière concernant la limitation du droit à l’avortement, et qui ont rassemblé rien qu’à Paris des dizaines de milliers de personnes, dans une mobilisation unitaire. À quelques jours de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 7N souligne ainsi la nécessité pour le mouvement féministe français de mobiliser sur une question où la France reste particulièrement touchée. Alors que, 118 femmes ont été assassinées en 2014 sous les coups de leurs conjoints, que la PMA a été mise au placard par le gouvernement, que la précarité continue à faire payer aux femmes les coups les plus durs de la crise, de Madrid à Paris, jeune ou moins jeune, étudiante ou travailleuse et comme le dit la chanson : Debout !

 
Source : http://www.revolutionpermanente.fr/Violences-faite...


NOUS TOUTES CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

 
Nous toutes injuriées, maltraitées, harcelées, discriminées pour notre genre ou nos orientations sexuelles, violentées, mariées de force, excisées, prostituées, violées,

Nous toutes contraintes à l’exil 

Nous dénonçons la violence de tous ces maux, de tous ces mots, l’implacable réalité d’un monde hétéro patriarcal, exploiteur, oppresseur et faiseur de guerres

 
Nous, Femmes que les guerres et la faim, la sécheresse, les inondations ont jeté sur les mers et les routes au péril de nos vies

Nous dont les corps sont bafoués par les viols de guerre

Nous qui affrontons l’exil la peur au ventre tant les violences sont multiformes

Nous qui ne savons vraiment pas où nous allons et de quoi demain sera fait

Nous qui devons quémander l’asile du riche pays d’accueil et devons raconter encore et encore l’irracontable horreur...

 
Nous, Femmes contraintes de vendre notre corps pour survivre, ployées par la précarité et les difficultés

Nous enlevées, trafiquées, « dressées », pour satisfaire les envies des messieurs de nos villes ou campagnes et enrichir nos exploiteurs

Nous sur lesquelles les clients défilent mais ne seraient pas responsables

Nous livrées à toutes les violences d’un monde sans avenir.

Nous, Femmes qui supportons partout les sous-entendus, les injures, les attouchements,

Nous, qui subissons le harcèlement de nos collègues, de nos patrons, de nos maris ou de nos frères,

Nous, lesbiennes, bisexuelles ou trans, violentées moralement, physiquement violées en « correction » de notre genre et de nos orientations sexuelles,

Nous excisées, mariées de force,

Nous, frappées à mort par nos conjoints, concubins ou compagnons

Nous violées sans vergogne par nos proches ou des inconnus prédateurs….

La violence envers une seule d’entre nous
est une violence envers toutes les
femmes

 
Toutes et Tous ensemble contre les violences masculines !

Toutes et Tous ensemble contre cette domination !

Vous ne nous soumettrez jamais ! Nous ne nous soumettrons jamais !

Nous exigeons :

  •  pour toutes, et particulièrement pour les exilées, le droit à l’asile et à la sécurité, l’accès à la langue, le logement, le travail, l’accès aux droits à la santé et aux soins
  •  le vote de la loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel telle qu’adoptée par l’Assemblée Nationale le 4/12/13, qui devra être améliorée quant à l’accueil des victimes de la traite
  •  la satisfaction des exigences portées par les associations féministes de lutte contre les violences, toutes unies : notamment en transposant obligatoirement dans le droit français les mesures de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique dite Convention d’Istanbul ratifiée par la France en juillet 2014

Nous toutes, avec nos associations, syndicats ou partis, proclamons notre unité et notre détermination pour nous dresser, toujours et partout, contre les violences faites aux femmes.

NOUS MANIFESTERONS LE 21 NOVEMBRE, 14H30,
DE REPUBLIQUE AU MINISTERE DE LA JUSTICE, PLACE VENDÔME.

 
Premiers signataires : CNDF, Amicale du Nid, APEL-Égalité, ASFAD, CADAC, les Chiennes de garde, CGT, Collectif féministe contre le viol-Viols Femmes Informations, Coordination Lesbienne en France, DIDF-Fédération des associations des travailleurs et des jeunes, les effrontées, Encore Féministes, Ensemble !, Fédération IFAFE, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Féminisme Enjeux-Théâtre de l’Opprimé, Femmes Égalité, Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir, Femmes Migrantes Debout, Femmes solidaires, FFA & AFA-Congo - Fondation pour les Femmes Africaines, FIT-une femme un toit, GAMS, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Maison des Femmes de Montreuil, Maison des Femmes de Paris, Mémoire traumatique et victimologie, Mouvement de la Jeunesse Communiste de France, Mouvement du Nid, Parti Communiste Français, Mouvement de la Jeunesse Communiste de France, Rajfire, Représentation internationale du mouvement des femmes kurdes, Réseau féministe « Ruptures », SKB Union des femmes socialistes Turquie , SNPES-Pjj FSU Ile de France, SNPES-Pjj FSU, SNUEP-FSU, Union Syndicale Solidaires, ZIN association de femmes kurdes.

 

Source : http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?article442


Cet article a été publié dans la rubrique "vue d’ici, vue d’ailleurs". Celle-ci rassemble des articles n’émanant pas d’Attac 22 ou d’Attac France, mais qui nous semblent pertinent de partager pour aider à la compréhension de notre monde, découvrir des alternatives au "tout marchand", élargir ensemble « les chemins d’un autre Monde ».



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